Pourquoi il faut voter NON à la stratégie énergétique 2050.


Par Céline Amaudruz
Conseillère Nationale UDC
13.5.2017
Ecrit par
Céline Amaudruz
Conseillère Nationale UDC

13.5.2017

L’énergie est au centre de nos activités et indispensable à notre qualité de vie, que nous parlions de carburants, de chauffage ou d’électricité. Le rôle de l’Etat en matière énergétique a toujours été d’assurer l’approvisionnement de sa population. C’est même, pourrait-on dire, presque une tâche régalienne et la Suisse a jusqu’ici excellé dans ce domaine en promouvant un mix énergétique varié et stable basé autour de l’hydraulique, des centrales nucléaires, des énergies renouvelables, etc. La stratégie énergétique 2050 mets pourtant en péril cette structure et notre sécurité énergétique est affaiblie par ce projet. Cela est dû à la sortie du nucléaire qui représente environ 40% de notre production d’électricité sans qu’une solution de remplacement valable et viable ne soit proposée. Si le principe d’abandonner notre dépendance à l’énergie nucléaire est louable et qu’il bénéficie probablement d’un avis majoritaire en Suisse, il apparaît malheureusement que la réalisation de ce souhait se heurte à un vrai manque d’alternatives.

La solution par les renouvelables ne fait qu’une partie du remplacement (au maximum la moitié) et avec une électricité de moindre qualité (instable et produite principalement en été). La Suisse va donc dépendre des importations de France et d’Allemagne. C’est un choix stratégique hautement critiquable et hypocrite puisque ces importations sont produites par des centrales nucléaires et des usines au charbon. De plus, le subventionnement massif des énergies renouvelables, notamment en Allemagne, biaise le marché de l’électricité en injectant sur le réseau du courant à très bas coût qui mets en péril la santé financière de notre richesse indigène indigène, les barrages. Les coûts de production de ceux-ci ne peuvent pas s’aligner sur les tarifs subventionnés de l’énergie éolienne et solaire allemande. L’électricité photovoltaïque et éolienne sera produite principalement en été, au moment où les prix sont le plus bas. Elle ne fera rien pour pallier notre manque hivernal et, faute de technologies de stockage, nous risquons de plus en plus de subir des black-out, avec toutes les conséquences néfastes que cela aura pour l’économie et les ménages.

Cette stratégie énergétique repose sur des taxes directes d’un montant dépassant les 2 milliards par an. Ce montant est payé par la population et les PME, les grandes entreprises ayant réussis à s’en faire exemptés. Après le too big to fail, le too big to pay ? Voulons-nous un système à charge des citoyens et des PME auquel les grandes entreprises ne participent pas ? Cette loi donnera un système de redistribution inversée, onéreux et mal calibré.

Finalement, et c’est peut-être là le plus grave, la nouvelle loi nous forcera à changer de fonds en comble notre relation à l’énergie. Aujourd’hui, la production s’adapte à la demande des consommateurs grâce à notre mix énergétique. Ce système est capable de produire de l’énergie en continu et d’augmenter la production lorsque la demande est plus forte. Avec la stratégie énergétique et le passage au tout renouvelable, sujet aux aléas du vent et du soleil, il ne sera plus possible de produire de l’énergie en continu et c’est donc le consommateur qui devra s’adapter à la production.

Ce changement peut paraitre anodin mais il est capital. En effet, si le citoyen devra à l’avenir s’adapter à la production, il devra renoncer au confort que nous avons aujourd’hui. Il ne pourra plus utiliser des appareils ménagers qu’aux heures où les conditions météos le permettent et n’aura plus la liberté dont il jouit aujourd’hui. Il ne pourra plus utiliser les moyens de transports quand il en a besoin ou ne pourra plus consommer les produits qu’il désire. Les promoteurs de la loi se gaussent de tels arguments en prétendant qu’ils ne sont que pure fantaisie. C’est pourtant une réalité. L’objectif officiel d’une réduction de 43% de notre consommation d’énergie ne pourra se faire qu’au prix de mesures, d’interdictions, de restrictions draconiennes sur notre qualité de vie, de l’impossibilité de faire recours contre la construction d’éoliennes dans le voisinage, etc. Les 211 milliards que coûteront le projet devront bien être payé par quelqu’un et il ne fait aucun doute que ce sont les ménages et les PME qui en souffriront le plus. Madame Leuthard a beau dire qu’il ne faudra débourser que 40.- de plus par an, il est inconcevable qu’une telle révolution puisse se faire pour un montant aussi ridicule. L’assainissement des bâtiments, les changements de véhicules, le remplacement des chauffages ou les taxes supplémentaires sur l’électricité et les carburants renchériront irrémédiablement le coût de la vie des ménages.

Dire NON à la loi sur l’énergie le 21 mai c’est dire NON à un projet invasif qui ne tiendra pas ses engagements. Dire NON c’est laisser l’économie du pays le plus innovant du monde faire sa transition énergétique spontanément, sans ne le contraindre inutilement ni le faire sur le dos des citoyennes et citoyens. Ce projet est marqué par l’incertitude et cela est grave pour un changement aussi profond que celui de notre relation à l’énergie. Il est important de garder des conditions favorables pour l’économie et les PME, surtout en période de Franc fort et de ne pas harassé les citoyens sous des taxes supplémentaires.